La belle province des satisfaits ITI Les saisons Littéraires Livres à venir Un grand pas pour la femme

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ITI

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Dans certains pays, on désigne les clochards par le mot « fatigué ». Ce sont, en effet, des hommes et des femmes aux ressources épuisées dont le quotidien est fait de misère, d’abandon, de désarroi, mais aussi de courage. Plusieurs d’entre eux préfèrent vivre dans le dénuement plutôt que dans la réalité ennuyeuse et décevante du quotidien. Et la majorité ne s’en sortiront jamais.

ITI, pour itinérant, c’est vingt nouvelles sur les clochards du monde, sur ces marginaux, ces exclus que nos sociétés ont le devoir d’aider. Non seulement les encourager à revenir parmi nous – ce qui est souhaitable pour le renouvellement des idées et pour le développement de notre sensibilité – mais les assister dans leur exclusion, leur redonner des lieux pour vivre, pour dormir, pour ne plus entendre nos bruits, ceux que nous produisons quand nous sommes chez eux, dans la rue.

Édition:Les Éditions Quebecor
ISBN:2764000979
Paru en: 1996 (Épuisé, disponible chez l'auteur)

Extraits

"Personne ne veut avoir affaire avec un exclu, même quand cela ne coûte rien" p. 37

"Il y avait un service des tuyaux gelés à la Ville, mais certainement pas un service des vieux gelés". p. 72

"Il y a pourtant des gens partout et elle se demande bien comment des regards peuvent ainsi se fixer l'un sur l'autre à une si grande distance." p.89

"Tous ces gens qui quittent la rue en même temps pour entrer dans les bureaux ne peuvent se tromper, me dis-je en souriant." p. 95

"Plus que tous ces gens qui n'osent pas me regarder, j'ai conscience de ce que je suis comme de ce que je n'ai pas voulu être." p. 99

"Chacun a un rôle, jusqu'au malade à qui l'on dira quand reprendre le travail jusqu'au vieux à qui l'on indiquera où attendre l'arrivée de la mort médico-légale." p.108

"Je lui ai dit que tout n'était pas fini, qu'il irait certainement dans un hôpital psychiâtrique, mais pour quelques semaines seulement. Qu'il serait libéré rapidement. Qu'il ressortirait, que cette histoire n'était pas la fin de sa vie et que nous le comprenions. Et, voyez-vous, ajouta le pompier, tout cela n'est que la triste vérité, il sortira très vite, se retrouvera dehors, tout seul, sans argent, sans personne, et j'ai un peu honte de lui avoir permis de croire que cela constituait un espoir" p.132

Préfacé par Pierre Péladeau